L'infirmière est souvent dans les fantasmes. Mais cette illustration résume bien la situation. C'est un leurre, un gros leurre. Des fois je me demande pourquoi je fais cette formation. Stress constant, choses dégoutantes, équipe parfois désagréable. Me lever à 5 heures pour aller travailler, ou être de soir et rentrer à 22 heures (pour souvent se lever à 5 heures aussi le lendemain). Je ne connais pratiquement aucun soin technique. Et plus les jours avancent et plus j'ai peur. Je ne sais pas piquer. Un jour je ferai une prise de sang, je la réussirai, et ce sera un grand pas en avant. Prendre en charge deux patients ? Mais quelle horreur. Je suis terrifiée. J'aimerai tellement être enfin à l'aise, comme cette étudiante de quatrième année qui passe son DE dans une semaine. Est ce qu'un jour je serai comme ça ? Est ce que j'arriverai à réaliser ce rêve qui me parait tellement inaccessible ? Je suis de plus en plus déprimée. Je râle de plus en plus contre lui. J'ai l'impression d'être seule dans ma galère. De ne pas être assez forte. Je refuse d'arrêter une formation que j'aime. J'aimerai être soutenue. Je m'emporte.
Je vais me coucher, une longue matinée m'attend demain. Toilettes ? Pose de bas de contention ? Constantes ? Dextro ? Ablation de voie veineuse périphérique ? Injection d'héparine ? Mouais c'est tout ce que je maîtrise, et encore...